Difficile de passer à côté du sujet : la viande n’est plus en odeur de sainteté. Une production trop polluante, une surconsommation loin d’être bénéfique pour l’organisme, et des scandales alimentaires à répétition qui ont nourri une certaine défiance …  L’époque n’est pas propice aux « viandards ». Alors faut-il arrêter la viande définitivement ? La solution se trouve peut-être dans une consommation raisonnée.

C’est le genre de débat qui anime souvent les discussions entre amis parmi lesquels s’opposent deux visions : ceux qui ne se passeront jamais d’alimentation carnée et ceux qui ont franchi le pas. Les premiers présentent la viande comme source énergétique indispensable de toute vie quand les autres trouvent dans le tofu le bonheur végétal de leur flore intestinale. Et vous dans tout ça ? Impossible de dire que vous n’êtes pas sensible aux arguments entendus ici et là, mais difficile d’imaginer un avenir 100 % végétal.

Bonne nouvelle pour vous, une nouvelle voie existe : un entre deux, un « ni-ni » ou un « en même temps » qui doit réconcilier vos tiraillements internes : le flexitarisme.

Pourquoi réduire sa consommation de viande ?

Avant tout pour sa santé. Non, il ne sera pas question de faire de raccourci entre consommation de viande et risques pour la santé, toutefois, en consommer trop n’est pas sans conséquence. A ce titre, si les avis divergent sur la limite à fixer, tous les experts s’accordent pour dire qu’il en faut une. Le Fonds mondial de la recherche contre le cancer, la fixe à 500 grammes par semaine. Passée cette limite, les scientifiques estiment que les risques de cancer colorectal croissent de 29%.

Pour Greenpeace, la consommation excessive de produits d’origine animale profite aux élevages industriels coupables d’une prolifération de bactéries contre lesquels une batterie d’antibiotiques sont utilisés. L’ONG estime que les deux tiers des antibiotiques utilisés en Europe le sont à destination des animaux d’élevage.

Bref, la consommation de viande implique son lot d’effets peu indésirables sur l’organisme. Mais la planète en souffre aussi.

Avec une consommation qui a quintuplé entre 1950 et 2000, il a fallu adapter les chaines de production. Résultat, on dénombre aujourd’hui 75 milliards d’animaux destinés à l’élevage dans le monde. Un cheptel mondial qui doit se nourrir : 1 kilo de bœuf produit nécessite en moyenne 13 kg de céréales et 30 kg de foin. Pas étonnant que 80 % des surfaces arables mondiales soient occupées par la production d’aliments pour animaux d’élevage. Une pression sur le foncier qui ne joue pas en faveur des forêts, toujours plus déboisées au profit de terres cultivables. Pour résumer : les surfaces agricoles dédiées à l’élevage permettraient de nourrir directement beaucoup plus d’êtres humains que si ceux-ci mangeaient ces herbivores.

Ajouté à cela la consommation d’eau et les gaz à effets de serre émis, et on comprend aisément que si la planète pouvait nous donner un conseil ce serait le suivant : mangez plus de légumes et moins de viande !

C’est parti pour la végétalisation

Fort de ce constat peu reluisant, vous faites le choix qui s’impose : celui de la raison. Mais sauter le pas fait peur. Adieu la belle entrecôte ? Au revoir le burger juteux ou la raclette hivernale ? Comme pour toute nouvelle habitude, il s’agit de franchir les étapes une à une pour ne pas risquer la sortie de route trop rapide.

Où trouver les protéines si on ne mange pas de viande ?

La première source de protéines végétales se trouve dans les légumineuses. Des légumes certes, mais une famille bien particulière dans laquelle on retrouve ceux souvent délaissés : flageolets, fèves, haricots, soja, pois chiches, pois, petits pois, haricots rouges.

C’est le retour du houmous et des chili sin carne…

Les protéines seront aussi présentes dans les champignons, dans les graines oléagineuses et en particulier dans les noix. On en retrouvera également dans les céréales mais en moindre quantité.

Et enfin, rien n’empêche de consommer des œufs et des produits laitiers (avec modération pour ces derniers).

Comment constituer des plats estampillés « flexitarien » ?

Pour être considérée comme flexitarienne, votre assiette doit se composer de :

  • 50% de légumes, notamment de légumes verts riches en fibres et vitamines
  • 25% de féculents (riz, céréales, pommes de terre…)
  • 25% de protéines.
  • Un peu d’huiles, source des vitamines « lipophiles » (vitamine A et E notamment)

Et la viande dans tout cela ? Un flexitarien ne va consommer de la viande qu’au cours de 20% de ses repas environs, les 80 % restants étant constitués de protéines végétales, dont il faudra varier les sources pour éviter toutes carences.

En mangeant, de façon raisonnable et raisonnée, le flexitarien peut privilégier des viandes de qualité issues d’une production responsable et durable. Consommée en juste quantité, la viande a toute sa place dans une alimentation équilibrée.

Finalement, être flexitarien c’est ne se passer de rien !