Sur l’autel de l’écologie, vous avez sacrifié votre scooter au profit d’un vélo. Vous n’achetez plus que des produits non-transformés via des intermédiaires locaux, avez changé toutes vos ampoules et vous coupez l’eau quand vous vous brossez les dents. Tout cela grâce à vos lectures écolo et échanges sur les réseaux sociaux dans des groupes dédiés. Mais est-ce si bon pour la planète, le numérique ?

On ne va pas ménager le suspense pour rien : non, contrairement aux idées reçues, la vie numérique ne résout pas les problèmes de l’environnement. Pis, elle est même responsable d’un volume considérable d’émissions carbonées.

La consommation de contenus numériques (articles, vidéos, musiques) serait responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre. Pas énorme ? C’est plus que ce qu’émettait l’aviation civile avant la pandémie.

En 2020, en ne considérant que les vidéos, qui représentent tout de même 80% du trafic mondial, ce sont plus de 300 millions de tonnes de CO2 qui ont été produites et émises. Forcément, YouTube se retrouve en tête de gondole (21% des émissions), mais derrière Netflix et Amazon Prime qui représentent à eux deux, 34% des émissions*, juste devant … les sites pornographiques (27%). On savait déjà que ça rendait sourd, on sait maintenant que ça plombe le climat.

Maintenant que le constat est là, comment agit-on ? Tout couper et retourner au minitel ? Pas possible. Stopper les recherches Google qui rejettent en moyenne 7 grammes de CO2 à chaque fois ? Pourquoi pas …

Tour d’horizon des bonnes habitudes à prendre qui ne changent pas grand-chose pour vous, mais qui font la différence pour l’environnement.

Prendre de la distance avec les réseaux sociaux

Souvent pointées du doigt pour les maux qu’ils causent, les réseaux sociaux trainent dans leur sillage une lourde addition carbone.

En 2020, 4,75 milliards de contenus ont été publiés quotidiennement sur Facebook. Quotidiennement. Chaque jour. Par an, le chiffre est tellement grand qu’on ne sait pas comment le dire : 1 806,75 milliards.

Instagram, moins populaire mais populaire quand même, tire son épingle du jeu avec ses 95 millions de contenus quotidiens. Associez à cela la très faible durée de vie des contenus sur les réseaux sociaux (environ 5h pour le premier, 24h pour le second), et le fait que ces contenus ne disparaissent jamais et on se rend compte de l’ampleur de la data-tâche : les data centers qui stockent tout cela consomment 3% de l’électricité mondiale.

Alors quoi faire ? Voici 3 éco-gestes pour concilier votre passion de l’hashtag et les ours polaires :

  • Ne pas publier pour publier, et poster quand vous avez VRAIMENT quelque chose à dire.
  • Régler une alerte sur Instagram pour brider votre consommation quotidienne (réglable dans les paramètres)
  • Apprenez à vivre sans : c’est le plus simple pour sauver la planète finalement.

Les réseaux sociaux ne sont cependant pas les seuls responsables de cette consommation outrancière d’électricité, alors pour régir votre vie numérique, voici 7 bonnes habitudes à prendre.

Les 7 éco-commandements numériques

  • On oublie les onglets

Les nombreux onglets ouverts sur un navigateur internet induisent une surconsommation contre laquelle il est simple d’agir en les limitant à quelques-uns.

  • Taper l’URL de votre destination directement

En évitant un détour par Google lorsque vous savez déjà sur quel site vous souhaitez-vous rendre, vous économisez l’émission dans l’atmosphère de 7 grammes de CO2. Un chiffre à multiplier par le nombre de fois où cette opération est réalisée.

Lorsque vous ne connaissez pas l’URL, utilisez Ecosia, Lilo ou Qwant. Ce sont des moteurs de recherche qui respectent votre vie privée et la planète.

  • Arrêtez avec les mails et les pièces jointes

Vous multipliez les destinataires en copie et les échanges. Mais savez-vous qu’à chaque fois, vous créez de la data à stocker pour rien ? L’ADEME considère qu’1 Mo envoyé, et donc stocké, correspond à 15 grammes de CO2.

Alors on fait le tri dans ses destinataires, dans ses boites mails, et dans toutes les newsletters qu’on reçoit sans lire.

  • Stocker vos photos de vacances en physique

A nouveau tout est question de consommation électrique des serveurs sur lesquels sont stockés des milliers de giga de données jamais consultées. Les photos de vacances n’échappent pas à la règle. Pour lutter contre les émissions qu’elles induisent, tout en les conservant, préférez le stockage sur des disques durs et des clés USB.

  • Prenez soin de votre matériel informatique

Outre l’investissement qu’il représente, un smartphone est un condensé de métaux rares dont l’extraction cumule les maux, entre désastre environnemental et humain. Pour limiter le phénomène, une solution : les emmener les plus loin possible et leur offrir une morte décente, dans un bac de collecte pour qu’ils soient entièrement recyclés ou réutilisés.

  • Éteignez vos écrans

L’ordinateur et le téléphone portable branchés toute la journée, le deuxième écran en veille toute la nuit … Tout cela représente des consommations électriques inutiles facilement évitables.

Notre meilleur conseil : éteignez-les ou débranchez-les quand vous n’en avez plus besoin.

*source : étude The Shift Project, publiée en juillet 2020